À la rencontre des oiseaux en kayak

Archipel des iles de Ragueneau – Ragueneau – Côte-Nord

Dès votre entrée sur ce site enchanteur, vous serez plongé dans un monde aux allures préhistoriques. Ce chemin, bordé d’étranges plantes à grandes feuilles, vous laisse une curieuse impression de démesure. En poursuivant votre route, vous aboutirez devant d’immenses créatures issues de l’ère jurassique; votre pressentiment du départ prend alors tout son sens! Heureusement, l’allure amicale de ces géants vous met vite à votre aise. L’aventure maritime qui s’amène sera-t-elle tout aussi inopinée?

Une glissade à l’eau et vous baignerez à l’embouchure de la rivière aux Outardes, dite Kâpitshus en montagnais et signifiant « là où la mer monte ». En direction est, vous retrouverez les iles communément appelées « les Trois Sœurs ». Défileront alors sous vos yeux des paysages desséchés, pris d’assaut par les Grands Cormorans, ces oiseaux dits non évolués puisque incapables, depuis 40 millions d’années, de maitriser l’art propre au monde aviaire qu’est le vol. Les fientes toxiques qu’ils produisent désertifient les lieux qu’ils fréquentent.

D’invitantes plateformes rocheuses vous donneront probablement l’envie d’accoster, mais sachez qu’à certaines périodes de l’année, votre passage peut avoir de sérieuses répercussions sur ces sites de nidification exceptionnels. Malgré toutes vos précautions, là-bas, une dure réalité s’affiche, celle de la chaine alimentaire en pleine action : jonchés sur le sol, des restes osseux!

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Nouveau cap, cette fois vers les cayes et les ilots occidentaux. Vous serpenterez à travers iles et battures dans des eaux peu profondes où il vous faudra par la suite traverser le chenal d’écoulement de la rivière aux Outardes. Délimité par de belles lignes d’écumes flottantes, son fort courant ralentira votre progression. Vous maintiendrez l’effort par contre, lorsque des hurlements au loin, en provenance des échoueries de phoques, piqueront votre curiosité. L’ile de la Mine, que vous croiserez au sud, fut au début du XXe siècle exploitée pour ses pierres propres à la fabrication de meules pour les moulins à farine. D’aussi loin que Trois-Pistoles, on y venait les recueillir. De nos jours, seule l’exploitation printanière du duvet des eiders a cours dans les iles.

Tout en étant bercé par des vagues de différentes envergures selon les conditions maritimes du moment, vous vous retrouverez inévitablement à travers diverses colonies d’oiseaux aquatiques. Les eiders à duvet, les macreuses à bec jaune, les canards noirs et les colverts affectionnent tous ces lieux pour le repos qu’offrent l’archipel et ses marais environnants. Vous vous plairez à pagayer dans cette portion du fleuve riche en vies. Sachez profiter de chaque instant! Et lorsque l’heure du retour sonnera, vous n’aurez qu’à pointer votre compas sur l’obélisque dont la blancheur resplendit aux lueurs du soleil couchant. Ainsi, vous rentrerez à bon port.

Par Nadine Brathwaite

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