Laissez-vous guider par le phare

Pointe-des-Monts – Baie-Trinité – Côte-Nord

Au bout d’une pointe connue depuis 1731 sous le nom de Pointe des Monts, un phare maintenant hors d’usage se dresse fièrement après avoir guidé de nombreux navires pendant ses 134 années de service. Son histoire débute en 1829 avec un plan de construction évalué à 10 000 dollars de l’époque. Cependant, erreur de calcul, l’érection du phare se fait trop à l’est de la « vraie » pointe. Malgré cela, la construction va bon train, tant et si bien que le soir du 20 septembre 1830, trônant à 70 pieds d’altitude, les lampes sont allumées pour la toute première fois. Avec les années, certains ajustements ont lieu, dont la construction en 1850 d’une maison pour accueillir les naufragés ainsi que le bâtiment du criard érigé sur la « vraie » pointe en 1918. Il est d’ailleurs toujours visible de la mer à deux kilomètres à l’ouest du phare. À ces évènements, d’autres viennent s’y ajouter, par exemple l’apparition possible à l’hiver 1886 d’un serpent de mer long de 30 mètres ou alors d’un sous-marin allemand ayant torpillé le Magog, un navire de guerre, droit devant l’ilot du phare le 14 octobre 1944. Les consignes aux abords du Saint-Laurent étaient d’ailleurs très claires à ce sujet lors de la Seconde Guerre mondiale. Toutes les lumières devaient être éteintes pour éviter que les U-Boat ne reconnaissent la côte. En cas d’intrusion, un message radio était envoyé au gardien du phare selon le code suivant : « B comme bonbon ». Celui-ci exigeait l’extinction de toutes les sources de lumière, « C comme Charlie » signifiait qu’elles pouvaient être rallumées, et « A comme Alphonse » indiquait que tout était redevenu dans l’ordre.

Après tant de loyaux services, après avoir servi de logis aux familles des gardiens, à la suite de l’arrivée des innovations technologiques, le soir du 4 décembre 1964, le vieux phare s’allume une dernière fois, laissant derrière lui la trace indélébile de ceux et celles qui ont gravi jour et nuit ces marches d’escalier menant au sommet devenues creuses avec le temps.

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Si vous voulez faire un bref retour dans le passé, il ne suffit que de vous mettre à l’eau et de tenter de tenir bon face au fort courant arrivant du golfe du Saint-Laurent. N’étant pas freiné par la côte, il arrive avec force et vous transporte bien plus rapidement que vous ne l’espériez. Par temps calme, les phoques et les baleines pourraient venir saluer votre passage, ce qui améliorerait encore davantage cette carte postale déjà complète.

Sachez que cette beauté maritime aurait pu disparaitre à jamais si elle n’avait pas été sauvée « in extrémis » de la démolition par un surintendant de la garde côtière canadienne, Monsieur G.-E. Gaudreault, et changée en musée pour ensuite devenir un monument historique. Voyez tout ce qui aurait manqué à ce paysage.

Par François Bouchard

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