Découvrir le bassin de Manic-2 en kayak

Réservoir Manicouagan-2 – Baie-Comeau – Côte-Nord

Cette étendue d’eau d’une superficie de 124 km2 se trouve bornée par deux barrages mis en service respectivement en 1965 et en 1975. Celui situé plus au sud a été nommé en l’honneur du premier ministre Jean Lesage qui croyait au potentiel hydroélectrique qu’offrait la puissante rivière Manicouagan. L’infrastructure située plus au nord porte, quant à elle, le nom de l’un de nos plus illustres personnages politiques, soit René Lévesque, qui occupait le poste de ministre des ressources hydrauliques. Si l’on recule davantage dans le temps, ce long cours d’eau représentait l’une des principales voies d’accès vers l’intérieur des terres. Seuls les Montagnais fréquentaient ces lieux de l’arrière-pays pour y pratiquer leurs activités traditionnelles de chasse, de pêche et de piégeage. Jadis, à cause de son fort courant et de ses chutes, cette rivière voyait rarement des gens s’aventurer sur ses flots. Ce n’est qu’en 1664 qu’un premier Européen nommé Henri Nouvel réussit l’exploit de la remonter, bien sûr guidé par un équipage d’Amérindiens expérimentés. Par la suite, d’autres explorateurs tels que Albert Peter Low ainsi que le Père Arnaud ont sillonné ces eaux.

IMG_4044Ce magnifique bassin offre des paysages ressemblant à s’y méprendre à ceux rencontrés dans les fjords. De hauts reliefs de plus de 1000 pieds longent le plan d’eau. Situées en plein cœur de la forêt boréale, les côtes affichent leurs airs sauvages. Lorsque l’on parvient à y débarquer, des terrains humides et denses s’étalent sous nos pieds. Quelques feuillus ont néanmoins réussi à s’installer sur les flancs ensoleillés. L’automne venu, leur teinte dorée agrémente la beauté de ce coin de pays.

Un outil s’avère toutefois indispensable dans ces lieux : la carte topographique. Grâce à elle, vous vous amuserez à rechercher des sites plats et accostables, ce qui peut représenter un réel défi par moment. Lorsque les vents prennent d’assaut ce réseau hydrique, des vagues inégalement distribuées se soulèvent aussitôt. Si vous vous retrouvez dans une telle situation, il vous faudra alors mettre en application vos techniques de pagaie pour parvenir à vous rendre à destination. Heureusement, les baies qui se découvrent peu à peu sur votre parcours permettent des instants de repos et de réconfort très appréciés en ces moments plus hasardeux. La baie où se déverse le ruisseau du Banc Blanc est un incontournable : une belle cascade vous y attend.

On ne peut qu’accorder un respect naturel à cette étendue une fois qu’on l’a parcourue. Aux allures parfois austères et offrant par moment un silence inquiétant, cette rivière permet malgré tout un véritable ressourcement à qui sait en reconnaitre ses beautés. Lorsque l’on apprend à vivre la Manic, on ne s’y ennuie pas du tout, contrairement à ce que la chanson de Georges Dor laisse croire. Y voyager, c’est y découvrir toutes les richesses du pays!

Par Nadine Brathwaite

 

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