La revanche du gamin

Lorsque j’étais gamin, mes parents refusaient que j’enfourche mon vélo en hiver. Aujourd’hui, avec l’arrivée des fatbikes pouvant rouler aisément sur la neige, c’est chose possible. Le samedi 11 février, lors de la première édition de La traversée hivernale du lac Memphrémagog en fatbike, j’ai enfin pu prendre ma revanche.

Pour l’occasion, j’enfourchais pour la toute première fois ce genre de vélo à pneus surdimensionnés. Ayant préalablement lu dans les revues de plein air tout ce qui me tombait sous la main à ce sujet, je m’étais fait une bonne idée du défi qui attendait la centaine de participants inscrits. J’avais alors compris qu’il s’agit d’un sport exigeant physiquement pour lequel il ne faut pas s’habiller trop chaudement. Sachant cela, j’ai jonglé avec mes vêtements techniques pour enfin trouver la bonne combinaison. Cette question réglée, une autre continuait de me trotter dans la tête : souliers à clip comme à l’été ou pas? Selon les avis reçus un peu avant la course, j’ai finalement opté pour les bottes.

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À 9 h 10, le départ de la première vague est donné au quai Bryant d’Austin. Une trentaine de cyclistes, dont je fais partie, s’élancent sur le lac Memphrémagog, sous les encouragements des personnes qui suivront. Mes premières impressions sont plutôt positives quant à la manœuvrabilité sur neige de ce vélo qui m’est gracieusement offert par la boutique Vivre à fond de Magog. Une trentaine de cyclistes ont d’ailleurs pu louer leur vélo à cette boutique partenaire de l’événement. Il s’agit là d’une bonne façon pour eux de participer sans devoir se procurer l’un de ces vélos plutôt dispendieux.

Le premier kilomètre derrière moi, je saisis l’ampleur de la tâche qui s’étend devant moi. Le vélo sur neige, avec ses pneus semi-gonflés pour bien mordre, n’a rien à voir avec le vélo sur route. Je roule à une vitesse moyenne de 7 km/h, alors que j’ai l’habitude du triple l’été. Je laisse cette statistique de côté et poursuis mon chemin. Celui-ci est d’ailleurs tantôt bien damé, tantôt rempli de crevasses et de «slush», à tel point que plusieurs doivent courir aux côtés de leur vélo, les pieds dans l’eau, pour avancer. C’est à ce moment que je me félicite d’avoir préféré des bottes imperméables aux souliers à clip ventilés!

M’étant malencontreusement levé à l’heure à laquelle j’aurais déjà dû être en route, je n’avais pas pris le temps de déjeuner, ce qui est contraire à mes habitudes. Arrivé au premier point de ravitaillement après un peu plus de 6 km, je sens que mes jambes sont à court d’énergie. Je m’y arrête donc un moment, le temps de manger une barre énergétique fournie par l’organisation et de reprendre des forces. Cinq minutes plus tard, je suis de retour sur la piste qui se creuse de plus en plus sous le passage des vélos. Avec la neige qui tombe sans arrêt depuis la nuit dernière, le chemin n’est plus aussi bien damé et il est presque impossible de sortir de ces surcreusements, qui en font valser plusieurs, dont moi, lorsqu’on en sort. Plus on approche de la ligne d’arrivée, plus les dépassements sont difficiles en raison de la neige molle et des «grooves» laissées par les pneus. Certains, à bout de souffle, prennent une pause à côté de leur vélo même si l’objectif est en vue. La fin du parcours est rude pour les jambes et le moral. Une dernière boucle fortement sillonnée se dresse devant moi, puis c’est la fin quelques mètres plus loin, 1 h 42 plus tard.

Pour une première édition, l’activité fut fort agréable pour moi ainsi que pour la majorité des cyclistes. Je tiens finalement à féliciter les organisateurs ainsi que les quelques monocyclistes à pneu surdimensionné qui ont bravement roulé ce parcours en équilibre malgré la glace, la neige et les embuches.

Par François Bouchard, Reflet du Lac, 2017

Crédits photo : Marco Bergeron

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