L’épreuve du 5 km du Marathon de Magog racontée par un coureur

La pluie des derniers jours ayant fait une trêve en cette journée de course, il ne restait plus que le froid à combattre avant de prendre le départ. N’ayant pu profiter d’un sommeil bienfaiteur en raison d’un retour de voyage en milieu de nuit, j’espérais tout de même compléter le parcours en moins de 25 minutes.

L’atmosphère qui règne autour d’une ligne de départ est toujours exaltante. Aucune fatigue ne peut vous atteindre lorsque des centaines de personnes s’échauffent et bavardent avant l’heure tant attendue. La sensation de prendre part à quelque chose d’unique en compagnie d’autres coureurs finit de nous convaincre que toutes ces heures passées à nous entraîner en ont valu la peine. Quand vient l’heure du départ de ma cohorte, je me trouve toujours sous la tente à conserver ma chaleur. C’est l’image de ne plus retrouver de dossards de la même couleur que le mien autour de moi qui me fait réaliser que je suis peut-être en train de manquer le bateau. Une fois à l’extérieur, je suis stupéfait de constater que c’est bel et bien mon groupe qui s’élance et qu’il est grand temps que je m’y greffe. En tant que coureur utilisant la technologie, je prends malgré tout bien soin de régler ma montre et mon GPS avant de m’élancer à mon tour, probablement le dernier. Rapidement toutefois, je rejoins les coureurs en queue de peloton et les dépasse durant les deux premiers kilomètres. Le parcours est rapide, mes vêtements sont adéquats pour cette température et mes batteries, malgré mes quelques heures de sommeil, semblent chargées à pleine capacité. L’adrénaline de la course faisant son effet, ma montre m’indique que mon coeur bat à 174 pulsations par minute, alors qu’elles se situent habituellement autour de 165 à l’entraînement. Puisqu’une course se veut le moment tout indiqué pour repousser ses limites, je poursuis ainsi en rencontrant bon nombre de coureurs inspirants : des jeunes et moins jeunes qui donnent tout ce qu’ils ont, qui cherchent à se dépasser, ainsi qu’une jeune fille qui court à bonne allure malgré un handicap à la jambe gauche. Sa détermination est belle à voir.

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Environ à mi-parcours, la rue Bowen s’étale devant nous; seul dénivelé positif digne de mention de ce trajet. Par la suite, on sent que la fin approche. La pente descendante de la rue des Pins est notre dernière chance de faire un peu de vitesse à peu de frais. Quelques mètres plus loin, la foule applaudit chaudement les coureurs qui fournissent un dernier effort avant la remise de la médaille de l’autre côté de la ligne d’arrivée, confirmant ainsi la réussite de cette épreuve, et l’atteinte d’un objectif pour certains. C’est d’ailleurs mon cas, réalisant un temps tout juste sous la barre des 25 minutes. Je me retrouve ensuite à mon tour à encourager les coureurs qui terminent la course. J’assiste à l’arrivée d’un homme de 88 ans et d’une dame de 81 ans, qui sont vivement accueillis par la foule. Voilà ce qu’est l’esprit de la course. Un rassemblement de gens passionnés, de tous âges, qui s’encouragent mutuellement, qui prennent plaisir à le faire et qui sont prêts à braver le froid et les courtes nuits pour se surpasser.

Par François Bouchard, Reflet du Lac, 2016

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